La porte étroite d'André Gide

Publié le par Jémlyre

Livre lu dans le cadre d'une lecture commune sur le site Partage Lecture

 

4è de couverture: (Folio)

«La porte était close. Le verrou n'opposait toutefois qu'une résistance assez faible et que d'un coup d'épaule j'allais briser... À cet instant j'entendis un bruit de pas ; je me dissimulai dans le retrait du mur.
Je ne pus voir qui sortait du jardin ; mais j'entendis, je sentis que c'était Alissa. Elle fit trois pas en avant, appela faiblement :
- Est-ce toi Jérôme ?...
Mon cœur, qui battait violemment, s'arrêta, et, comme de ma gorge serrée ne pouvait sortir une parole, elle répéta plus fort :
- Jérôme ! Est-ce toi ?
À l'entendre ainsi m'appeler, l'émotion qui m'étreignit fut si vive qu'elle me fit tomber à genoux.»

Mon avis:

Gide est un auteur que j'ai toujours voulu lire mais l'occasion ne s'en était jamais présentée jusqu'à cette lecture commune.
J'ai été ravie par cette découverte.
Il ne s'agit pas d'un roman à rebondissement ni d'une histoire palpitante. Il faut donc passer son chemin si c'est cela que l'on recherche.
Il faudrait à mon avis d'abord lire la biographie de l'auteur pour bien comprendre sa position par rapport à la croyance religieuse.
En effet, dans ce livre, il s'agit de l'influence de la religion (ou plus exactement une des façons d'y croire et de la pratiquer) sur les relations amoureuses.
La porte étroite. Le titre est très parlant car en plus d'être tiré de la bible, il illustre très bien le comportement des deux protagonistes.
Tout est si compliqué pour ces deux êtres qui ne cessent de se lancer des défis et de se fixer des objectifs de plus en plus hauts.
Lui, soucieux de séduire, idéalisant la femme qu'il aime. Celle-ci, indécise, ne sachant visiblement pas trouver un équilibre entre sa foi et son coeur ou aimant beaucoup plus l'idée d'être aimée que l'amour lui-même ?
Le style est parfait. Je me suis délectée de ces échanges épistolaires qui rappellent très bien ce que disait je ne sais plus qui: "Les mots nous ont été donnés pour déguiser notre pensée".,
Sous certains aspects, le livre peut sembler long malgré le nombre de pages plutôt négligeable. Il pourrait même agacer certains lecteurs.Mais n'est ce pas là le but recherché ? Une façon silencieuse de "critiquer", de montrer comment certains peuvent se compliquer gratuitement la vie avec certaines croyances religieuses ou pas et ce sans que l'auteur ne s'implique directement.
Ceci dit, la relation entre les deux concernés aurait-elle duré si elle avait été "consommée". Certains ayant tendance à courir après un idéal beaucoup plus qu'une personne.
Cependant, je pense avoir très mal compris la fin du roman.Qu'a donc fait Alissa ?

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Publié dans Littérature classique

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