Livre:Crime et châtiment de Fédor Dostoievski

Publié le par Jémlyre

Titre: Crime et châtiment
Auteur: Dostoievski
Edition: Le livre de poche
Pages: 704





Résumé :

 

A Saint-Pétersbourg, en 1865, Raskolnikov, un jeune noble sombre et altier, renfermé mais aussi généreux, a interrompu ses études faute d’argent. Endetté auprès de sa logeuse qui lui loue une étroite mansarde, il se sent écrasé par sa pauvreté. Mais il se croit aussi appelé à un grand avenir et, dédaigneux de la loi morale, se pense fondé à commettre un crime : ce qu’il va faire bientôt – de manière crapuleuse. Publié en huit livraisons par Le Messager russe au cours de l’année 1866, le roman de Dostoïevski montre en Raskolnikov un témoin de la misère, de l’alcoolisme et de la prostitution que l’auteur décrit sans voiles, un criminel aussi qui ne sait trop pourquoi il l’est devenu, tant les raisons qu’il s’invente pour agir sont contradictoires. Mais la tragédie n’exclut pas la vision d’une vie lumineuse, et le châtiment de son crime va lui permettre un long cheminement vers la vérité, et la renonciation à sa mélancolie brutale. Après quoi sera possible ce que l’épilogue annonce : l’initiation de Raskolnikov à une réalité nouvelle, le passage d’un monde à un autre monde.
Traduction d’Elisabeth Guertik.
Edition de Jean-Louis Backès.


Mon avis:

Difficile de faire la critique d'un tel chef-d'œuvre! Un roman fort qui fait poser plein de questionnements sur le fonctionnement de l'homme et de la société qu'il a créée.
Tout au long du récit le flou persiste autour de la réalité du trouble psychique dont souffre Raskolnikov, le héros même si la description des symptômes est évocatrice de cela.
Est-ce un moyen pour faire passer certaines interrogations très sensibles dont: "Qu'est ce qu'un crime?" "Y a-t-il des personnes qui ont plus le droit de tuer que d'autres" (Allusion je suppose aux guerres et exécutions politiques) "Qu'est ce qui fait un criminel? est-ce l'environnement dans lequel il vit?".
Croire que l'indigence est ce qui a poussé le héros à tuer l'usurière n'est pas logique étant donné qu'il n'a pas profité de l'argent qu'il a dérobé à moins que ça soit un début de regrets? Alors qu'est ce qui l'a poussé à transgresser la loi? à répandre le sang? Voulait-il changer le monde à lui seul? se rebeller contre l'injustice sociale qui fait que l'argent n'est pas forcément possédé par ceux qui le méritent ou ceux qui en ont le plus besoin?.
On sent que l'auteur effleure le sujet sensible de la critique de la société et des idées courantes de son époque (Ne pas oublier son séjour au bagne pour raison politique) et décrit avec beaucoup de justesse l'état de malaise psychologique dans lequel s'est retrouvé Raskolnikov après le crime, le supplice vécu pendant la période où il craignait que l'on découvre que c'est lui le criminel (J'ai lu que Dostoievski avait fréquenté des criminels pendant son séjour en Sibérie, s'est-il inspiré d'eux et du récit de leurs forfaits?).
Il évoque également le fait que l'on ne doit pas être prompts à juger les gens: exemple: "ce n'est pas parce que Sonia se prostitue qu'elle n'est pas pieuse et n'a pas bon cœur." "Ce n'est pas parce que Raskolnikov a tué qu'il n'a jamais fait une bonne action de toute sa vie ni qu'il n'est pas capable de repentir, d'ailleurs sa conscience l'a tellement fait souffrir qu'il a fini par se livrer lui-même à la police".
Un autre volet est celui de la foi et de son apport pour l'individu...le sujet revient sans cesse dans le roman.
Tout est si bien décrit et chaque personnage mérite à lui seul toute une analyse! le roman est à mon sens lourd de sens et mérite d'être relu plusieurs fois et ces quelques réflexions sont loin d'être exhaustives.

Publié dans Littérature classique

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Sourifleur 04/02/2010 20:10


J'ai découvert ce grand classique, il y a deux ans et j'ai beaucoup apprécié l'atmosphère de ce récit, et le sens moral qui s'en dégage. Les descriptions sont très réalistes et malgré leur noirceur
sublimée,il est vrai, elles ne peuvent nous laisser indifférents.